Agecif Cama Le repère de l'évolution professionnelle
Formation en ligne & CPF

Faire un CIF aujourd’hui : PTP, ancienneté et demande écrite à l’employeur

Laure Simon 9 min de lecture

Le CIF, ou congé individuel de formation, n’existe plus sous sa forme historique pour les salariés du secteur privé. Depuis 2019, il a été remplacé par le projet de transition professionnelle, souvent appelé PTP ou CPF de transition. L’idée reste proche : permettre à un salarié de suivre une formation certifiante, parfois sans lien avec son métier actuel, pour changer de profession, évoluer ou obtenir un diplôme.

CIF, PTP, CPF de transition : comprendre ce qui a changé

Quand on parle encore de “faire un CIF”, on désigne le plus souvent une demande de formation longue avec autorisation d’absence et maintien possible de la rémunération. Le terme est resté dans le langage courant, mais le dispositif à mobiliser aujourd’hui est le PTP. Il s’appuie sur le compte personnel de formation, tout en répondant à des règles spécifiques, notamment lorsque la formation se déroule en tout ou partie sur le temps de travail.

Comprendre le CIF et le PTP

À quoi servait le CIF historiquement ?

Le congé individuel de formation permettait à un salarié de s’absenter de son poste pour suivre une formation. Cette formation pouvait être à temps plein ou à temps partiel, continue ou discontinue. Elle n’avait pas forcément à être liée à l’activité exercée dans l’entreprise, et c’était justement l’un de ses intérêts pour préparer une reconversion ou viser une qualification supérieure.

Les usages étaient généralement regroupés autour de 4 cas : changer de métier, obtenir une qualification, préparer un examen ou accéder à un diplôme, titre ou certification. Cette logique se retrouve dans le PTP actuel, avec une exigence importante : le projet doit viser une formation certifiante, souvent inscrite au RNCP ou reconnue dans un cadre professionnel.

Ne pas confondre avec les autres sens de CIF

L’acronyme CIF peut aussi désigner un conseiller en investissements financiers, notamment dans la finance, avec les repères AMF, ORIAS ou assurance de responsabilité civile professionnelle. Ce n’est pas le sujet principal ici. Pour une recherche liée à la formation professionnelle, le bon repère est donc : ancien CIF = projet de transition professionnelle / CPF de transition.

Terme Ce qu’il signifie À retenir
CIF Ancien congé individuel de formation Dispositif remplacé depuis 2019
PTP Projet de transition professionnelle Dispositif actuel pour changer de métier via une formation certifiante
CPF de transition Nom d’usage lié au compte personnel de formation Souvent utilisé comme synonyme du PTP
LIRE AUSSI  Formation éducateur canin CPF : réduire le reste à charge avec l’AIF et les aides régionales

Vérifier son éligibilité avant de préparer le dossier

Avant de choisir une formation ou de prévenir son employeur, il faut vérifier les conditions d’ancienneté. Elles varient selon le type de contrat et la situation professionnelle. Cette étape évite de monter un dossier trop tôt ou de demander une absence alors que les critères ne sont pas encore remplis.

Salarié en CDI : les repères d’ancienneté

Pour un salarié en CDI, l’ancienneté demandée repose généralement sur 2 ans consécutifs ou non d’expérience professionnelle, dont 1 an dans la même entreprise. Une règle particulière peut s’appliquer dans les entreprises artisanales de moins de 11 salariés : l’expérience professionnelle requise peut être de 3 ans.

Ces durées ne sont pas de simples formalités administratives. Elles servent à montrer que le projet s’inscrit dans un parcours professionnel réel. Si vous avez changé plusieurs fois d’entreprise, il peut donc être utile de rassembler vos contrats, certificats de travail ou bulletins permettant de justifier l’expérience acquise.

Salarié en CDD : une logique différente

Pour un salarié en CDD, les conditions sont appréciées différemment. Le repère souvent retenu est d’avoir travaillé 2 ans au cours des 5 dernières années, dont 4 mois sous CDD au cours des 12 derniers mois. Cette règle tient compte des parcours plus discontinus, fréquents chez les personnes alternant contrats courts, missions et périodes de recherche d’emploi.

Dans tous les cas, le point central reste le même : le projet doit être cohérent, la formation identifiable et l’objectif professionnel suffisamment clair. Une demande de PTP n’est pas seulement une envie de formation, c’est un parcours argumenté vers un nouveau métier, une qualification ou une certification.

Construire une demande solide auprès de l’employeur

Lorsque la formation se déroule pendant le temps de travail, le salarié doit adresser une demande écrite d’autorisation d’absence à son employeur. Cette demande ne remplace pas le dossier de financement, mais elle est indispensable pour organiser l’absence dans l’entreprise.

Ce que la demande doit contenir

La lettre doit être claire, datée et précise. Elle doit indiquer l’intitulé de la formation, l’organisme qui la dispense, les dates prévues, la durée, le rythme et l’objectif professionnel. Plus l’information est complète, plus l’employeur peut évaluer concrètement l’impact de l’absence sur l’organisation du travail.

LIRE AUSSI  Terrain, sciences ou sensibilisation : quel métier nature vous correspond ?

Un bon réflexe consiste à joindre ou mentionner le programme de formation, la certification visée et, si possible, le calendrier. Il ne s’agit pas d’écrire une lettre émotionnelle ou trop longue, mais de présenter une demande lisible, vérifiable et compatible avec les obligations de l’entreprise.

Regarder le projet à la loupe avant l’envoi

Avant d’envoyer la demande, prenez le temps d’examiner la formation avec précision : intitulé exact, niveau de sortie, reconnaissance de la certification, blocs de compétences, prérequis, rythme réel des cours, périodes de stage, modalités d’évaluation. Beaucoup de projets fragiles ne bloquent pas à cause de la motivation du salarié, mais parce qu’un détail a été négligé, comme une certification non adaptée, un calendrier incompatible avec l’absence demandée ou une formation séduisante mais trop éloignée du métier visé. Cette vérification fine donne de la crédibilité au dossier et vous aide aussi à défendre votre projet avec des arguments concrets.

Le délai de franchise si un congé a déjà été utilisé

Si vous avez déjà bénéficié d’un ancien CIF, un délai de franchise peut entrer en jeu avant une nouvelle demande. Il est calculé à partir du nombre d’heures du dernier CIF divisé par 12. Cette règle évite l’enchaînement trop rapproché de périodes longues d’absence pour formation.

Concrètement, ce point doit être vérifié tôt si vous avez déjà mobilisé un congé de formation important. Il peut modifier le calendrier de départ, même si votre projet professionnel est pertinent.

Rémunération, durée et organisation pendant la formation

L’une des raisons pour lesquelles le CIF reste recherché, même sous son nouveau nom, est la possibilité d’être rémunéré pendant la formation. Le principe du PTP est de sécuriser une transition professionnelle, pas seulement de financer des frais pédagogiques.

Être rémunéré pendant l’absence

La rémunération peut être maintenue pendant la période de formation, selon les règles applicables au projet et à la prise en charge acceptée. C’est un élément essentiel pour les salariés qui ne peuvent pas interrompre leur revenu le temps d’apprendre un nouveau métier.

Il faut cependant distinguer trois sujets : l’autorisation d’absence accordée ou organisée avec l’employeur, la prise en charge de la formation, et la rémunération pendant cette période. Ces éléments sont liés, mais ils ne se décident pas exactement au même endroit ni au même moment.

Temps plein, temps partiel, formation continue ou discontinue

Une formation peut se dérouler à temps plein, à temps partiel, en continu ou par périodes séparées. Cette souplesse permet d’adapter le projet à la réalité du métier visé, mais aussi aux contraintes personnelles et professionnelles du salarié.

LIRE AUSSI  Formation éducateur canin CPF : réduire le reste à charge avec l’AIF et les aides régionales

Par exemple, une reconversion vers un métier très technique peut demander plusieurs mois de présence intensive, alors qu’une montée en qualification peut être organisée par blocs. Dans les deux cas, la question à poser n’est pas seulement “combien de temps dure la formation ?”, mais “quel rythme me permet réellement d’aller jusqu’à la certification ?”.

Utiliser le PTP pour une vraie reconversion, pas seulement pour se former

Le PTP est particulièrement adapté lorsque la formation vise un changement de métier ou de profession. Il ne s’agit pas d’un simple stage de perfectionnement : le dispositif accompagne une transition structurée, avec un avant, un pendant et un après.

Les projets les plus cohérents

Les dossiers les plus solides sont généralement ceux qui relient clairement le parcours passé, la formation choisie et le métier visé. Une personne qui veut quitter un poste administratif pour préparer un diplôme dans la paie, la comptabilité, le soin, le numérique ou l’artisanat doit pouvoir expliquer pourquoi cette orientation est réaliste et comment la certification ouvre l’accès au nouvel emploi.

La formation n’a pas besoin d’être en rapport avec le poste actuel, mais elle doit avoir un sens professionnel. C’est la différence entre une envie personnelle de découvrir un domaine et un projet de transition défendable.

Les points à sécuriser avant de se lancer

  • Vérifier l’éligibilité selon votre contrat, votre ancienneté et votre parcours récent.
  • Choisir une formation certifiante en lien direct avec le métier ou la qualification visée.
  • Préparer la demande écrite d’autorisation d’absence si la formation a lieu sur le temps de travail.
  • Anticiper la rémunération et les frais annexes : transport, matériel, garde d’enfant, périodes de stage.
  • Construire un calendrier réaliste avec les dates de formation, les délais de réponse et l’organisation dans l’entreprise.

Faire un CIF aujourd’hui revient donc, dans la plupart des cas, à préparer un PTP. Le vocabulaire a changé, mais l’enjeu reste le même : obtenir un cadre sécurisé pour se former, s’absenter de son poste si nécessaire et avancer vers un métier ou une qualification plus adaptée à son projet professionnel.

Partager cet article

Retour en haut