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Formation complémentaire aide-soignant : se spécialiser sans changer de métier, ou préparer une passerelle

Éléonore Lestang-Quemeneur 8 min de lecture
Formation complementaire aide soignant : dossier DEAS et parcours ASG dans un institut de santé

Après le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS), plusieurs formations permettent d’actualiser ses pratiques, de mieux accompagner certains patients ou de préparer un autre diplôme. Le bon choix dépend d’abord du résultat recherché : rester dans son métier avec de nouvelles compétences, accéder à une fonction de référent ou devenir infirmier, auxiliaire de puériculture ou accompagnant éducatif et social. Les conditions d’accès, la durée et le financement diffèrent nettement selon ces objectifs.

Choisir une formation selon le changement attendu au travail

Une formation complémentaire pour aide-soignant ne correspond pas à un diplôme unique. Cette expression recouvre des formations courtes, des parcours spécialisés et des études diplômantes. Avant de comparer les catalogues, définissez ce que vous souhaitez pouvoir faire à l’issue du parcours.

Quiz sur les formations complémentaires des aides-soignants

Répondez aux six questions, puis validez vos réponses pour obtenir la correction et votre score.

Progression : 0 / 6 Score : 0 / 6
1. Quelle est la durée de la formation d’assistant de soins en gérontologie (ASG) ?
2. Que permet de distinguer le texte concernant la formation ASG ?
3. Quels éléments correspondent aux principes du développement professionnel continu (DPC) ?
4. Que décrit le parcours spécifique vers l’IFSI pour les aides-soignants ?
5. Comment comprendre les allègements possibles pour les titulaires du DEAP ?
6. Quel est le rôle du financement dans ces parcours ?
Votre objectifParcours à examinerPoint de vigilance
Actualiser vos pratiquesFormation sur l’évolution des compétences et la surveillance cliniquePublic concerné et évaluation des acquis
Mieux accompagner les personnes âgéesAssistant de soins en gérontologie (ASG), troubles cognitifsAdéquation avec le poste et le public accompagné
Transmettre votre expérienceTutorat, accompagnement des élèves, fonction de référentMission réellement proposée par l’établissement
Changer de métierIFSI, DEAP, DEAES ou autre diplôme professionnelAdmission, dispenses et financement du parcours complet

Une attestation de formation ne vaut pas un nouveau diplôme d’État. De même, une fonction de référent ne modifie pas automatiquement le statut, la rémunération ou les actes autorisés. Ces conséquences doivent être discutées avec l’employeur, idéalement avant l’inscription.

Un projet professionnel peut partir d’une graine très concrète : une situation de soin qui vous laisse régulièrement en difficulté. Notez pendant quelques semaines les situations concernées, les compétences manquantes et les ressources déjà présentes dans l’équipe. Ce petit observatoire du travail aide à choisir une formation utile plutôt qu’un intitulé séduisant, puis à mesurer son effet sur les transmissions, le confort du patient ou l’accompagnement des proches.

Actualiser ses compétences et remplir ses obligations de DPC

Le référentiel de 2021 comme point de repère

La réingénierie du diplôme de 2021 a fait évoluer la formation et les compétences des aides-soignants. Pour les professionnels diplômés selon un ancien référentiel, une actualisation ciblée permet notamment de travailler la surveillance clinique, le repérage d’une aggravation, l’analyse des situations et les transmissions à l’infirmier.

Infographie sur les parcours de formation complémentaire aide soignant après le DEAS
Infographie sur les parcours de formation complémentaire aide soignant après le DEAS

Les nouveaux actes et soins doivent toujours être replacés dans leur cadre réglementaire et organisationnel. Suivre une formation n’autorise pas à réaliser seul n’importe quel geste. Le programme doit préciser les compétences visées, les limites d’intervention, la collaboration avec l’infirmier et les modalités de validation. Les études de cas et simulations sont particulièrement utiles pour relier les connaissances aux situations aiguës.

À titre de repère, Croix-Rouge Compétence présente une actualisation sur 3 journées, à 660 € net de taxe. Des sessions sont annoncées à Albi du 05 octobre 2026 au 07 octobre 2026 et à Lyon du 05 octobre 2026 au 13 octobre 2026. Ces indications doivent être confirmées auprès de l’organisme, notamment pour le calendrier détaillé et les places restantes.

Le DPC n’est pas synonyme de simple présence en formation

Les aides-soignants sont concernés par le développement professionnel continu (DPC), dont l’obligation triennale est mise en œuvre depuis 2013. La démarche associe actualisation des connaissances, évaluation des pratiques ou gestion des risques. Le parcours doit comporter au moins 2 types d’actions différents sur 3 ans, selon les règles applicables.

Avant de réserver, faites vérifier par le service formation que l’action correspond à votre parcours DPC. Une formation continue n’est pas automatiquement une action de DPC recevable. Conservez les attestations et justificatifs nécessaires au suivi de votre obligation.

Se spécialiser en gérontologie, en accompagnement ou en transmission

L’ASG pour approfondir l’accompagnement des troubles cognitifs

La formation d’assistant de soins en gérontologie dure 140 heures. Elle s’adresse à certains professionnels du soin et de l’accompagnement, dont les aides-soignants répondant aux conditions d’accès. Elle approfondit l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs, le maintien de l’autonomie, les activités adaptées et la relation avec les aidants.

Ce parcours est pertinent si votre établissement accueille les personnes concernées et prévoit de mobiliser ces compétences. Demandez quelle fonction vous sera confiée après la formation : l’intérêt du certificat dépend aussi des possibilités concrètes d’exercice.

Des formations courtes pour des besoins ciblés

Douleur, soins palliatifs, handicap, prévention des chutes, urgences ou communication avec les proches constituent d’autres axes utiles. Leur durée varie selon la profondeur du programme et les mises en pratique. Le distanciel peut convenir aux apports théoriques, mais il ne remplace pas systématiquement les ateliers pratiques ou les simulations.

Le tutorat permet, lui, de mieux accueillir les élèves, d’expliciter les gestes et d’évaluer leur progression. Une fonction de référent peut prolonger cette évolution en interne. En revanche, devenir formateur en IFAS suppose de vérifier des exigences de recrutement et de qualification spécifiques : une formation au tutorat ne suffit pas à elle seule.

Préparer un autre diplôme en valorisant le DEAS

La voie infirmière : distinguer admission classique et parcours spécifique

Le DEAS n’ouvre pas automatiquement une entrée directe en deuxième année d’IFSI. L’arrêté du 3 juillet 2023 encadre un parcours spécifique pour des aides-soignants expérimentés répondant aux conditions requises. Il prévoit un module intensif de 3 mois, puis, après validation, une intégration en deuxième année, pour un parcours infirmier annoncé sur 2 ans.

Cette voie doit être distinguée de l’admission habituelle en formation professionnelle continue. Les conditions d’expérience, la sélection, l’engagement de l’employeur et l’organisation locale sont à confirmer auprès de l’IFSI. La condition de 3 ans de cotisation associée à l’accès par la formation professionnelle continue ne doit pas être confondue avec tous les critères du parcours spécifique.

Auxiliaire de puériculture et AES : demander un parcours individualisé

Pour le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP), le DEAS peut permettre un parcours partiel : les allègements présentés comprennent 3 blocs sur 5 et plus de 200 heures sur les autres enseignements. Leur application dépend notamment du diplôme détenu et du référentiel correspondant ; l’institut doit confirmer votre programme personnel.

Pour le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), des correspondances peuvent également porter sur 2 blocs sur 5, avec des allègements sur 2 autres blocs. Une VAE peut être examinée si votre expérience correspond aux compétences du diplôme visé. Dans tous les cas, demandez un positionnement écrit plutôt qu’une estimation générale de durée.

Sécuriser le financement et l’inscription avant de s’engager

Le financement dépend de votre statut et de la formation retenue. Pour un salarié, le premier interlocuteur est souvent le service RH ou formation. Un conseil en évolution professionnelle peut aussi aider à comparer les solutions sans engagement auprès d’un organisme.

  • Plan de développement des compétences : à étudier avec l’employeur pour une actualisation ou une spécialisation.
  • CPF : mobilisable uniquement si la formation est effectivement éligible.
  • Projet de transition professionnelle : à examiner pour une reconversion des salariés du privé, sous conditions.
  • Congé de formation professionnelle : dispositif à explorer dans la fonction publique, notamment avec l’ANFH pour les agents hospitaliers.
  • France Travail, Région ou alternance : possibilités dépendant du statut, du diplôme et des dispositifs ouverts.

Comparez ensuite les programmes d’organismes tels que Croix-Rouge Compétence, IFSO ou Phosphoria, ainsi que ceux des instituts locaux. Demandez un devis comprenant les frais pédagogiques, les déplacements éventuels et les modalités d’annulation. Vérifiez séparément le maintien du salaire ou de l’indemnisation : la prise en charge des frais ne garantit pas celle des revenus.

Avant l’inscription, réunissez votre diplôme, vos justificatifs d’expérience, le programme détaillé et l’accord de financement. Faites préciser les évaluations, les stages, le calendrier et la reconnaissance obtenue. Une formation pertinente est celle que vous pouvez suivre jusqu’au bout et utiliser réellement dans votre prochain poste.

Éléonore Lestang-Quemeneur

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