Formation complémentaire aide-soignant : se spécialiser sans changer de métier, ou préparer une passerelle
Après le diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS), plusieurs formations permettent d’actualiser ses pratiques, de mieux accompagner certains patients ou de préparer un autre diplôme. Le bon choix dépend d’abord du résultat recherché : rester dans son métier avec de nouvelles compétences, accéder à une fonction de référent ou devenir infirmier, auxiliaire de puériculture ou accompagnant éducatif et social. Les conditions d’accès, la durée et le financement diffèrent nettement selon ces objectifs.
Choisir une formation selon le changement attendu au travail
Une formation complémentaire pour aide-soignant ne correspond pas à un diplôme unique. Cette expression recouvre des formations courtes, des parcours spécialisés et des études diplômantes. Avant de comparer les catalogues, définissez ce que vous souhaitez pouvoir faire à l’issue du parcours.
| Votre objectif | Parcours à examiner | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Actualiser vos pratiques | Formation sur l’évolution des compétences et la surveillance clinique | Public concerné et évaluation des acquis |
| Mieux accompagner les personnes âgées | Assistant de soins en gérontologie (ASG), troubles cognitifs | Adéquation avec le poste et le public accompagné |
| Transmettre votre expérience | Tutorat, accompagnement des élèves, fonction de référent | Mission réellement proposée par l’établissement |
| Changer de métier | IFSI, DEAP, DEAES ou autre diplôme professionnel | Admission, dispenses et financement du parcours complet |
Une attestation de formation ne vaut pas un nouveau diplôme d’État. De même, une fonction de référent ne modifie pas automatiquement le statut, la rémunération ou les actes autorisés. Ces conséquences doivent être discutées avec l’employeur, idéalement avant l’inscription.
Un projet professionnel peut partir d’une graine très concrète : une situation de soin qui vous laisse régulièrement en difficulté. Notez pendant quelques semaines les situations concernées, les compétences manquantes et les ressources déjà présentes dans l’équipe. Ce petit observatoire du travail aide à choisir une formation utile plutôt qu’un intitulé séduisant, puis à mesurer son effet sur les transmissions, le confort du patient ou l’accompagnement des proches.
Actualiser ses compétences et remplir ses obligations de DPC
Le référentiel de 2021 comme point de repère
La réingénierie du diplôme de 2021 a fait évoluer la formation et les compétences des aides-soignants. Pour les professionnels diplômés selon un ancien référentiel, une actualisation ciblée permet notamment de travailler la surveillance clinique, le repérage d’une aggravation, l’analyse des situations et les transmissions à l’infirmier.

Les nouveaux actes et soins doivent toujours être replacés dans leur cadre réglementaire et organisationnel. Suivre une formation n’autorise pas à réaliser seul n’importe quel geste. Le programme doit préciser les compétences visées, les limites d’intervention, la collaboration avec l’infirmier et les modalités de validation. Les études de cas et simulations sont particulièrement utiles pour relier les connaissances aux situations aiguës.
À titre de repère, Croix-Rouge Compétence présente une actualisation sur 3 journées, à 660 € net de taxe. Des sessions sont annoncées à Albi du 05 octobre 2026 au 07 octobre 2026 et à Lyon du 05 octobre 2026 au 13 octobre 2026. Ces indications doivent être confirmées auprès de l’organisme, notamment pour le calendrier détaillé et les places restantes.
Le DPC n’est pas synonyme de simple présence en formation
Les aides-soignants sont concernés par le développement professionnel continu (DPC), dont l’obligation triennale est mise en œuvre depuis 2013. La démarche associe actualisation des connaissances, évaluation des pratiques ou gestion des risques. Le parcours doit comporter au moins 2 types d’actions différents sur 3 ans, selon les règles applicables.
Avant de réserver, faites vérifier par le service formation que l’action correspond à votre parcours DPC. Une formation continue n’est pas automatiquement une action de DPC recevable. Conservez les attestations et justificatifs nécessaires au suivi de votre obligation.
Se spécialiser en gérontologie, en accompagnement ou en transmission
L’ASG pour approfondir l’accompagnement des troubles cognitifs
La formation d’assistant de soins en gérontologie dure 140 heures. Elle s’adresse à certains professionnels du soin et de l’accompagnement, dont les aides-soignants répondant aux conditions d’accès. Elle approfondit l’accompagnement des personnes atteintes de troubles cognitifs, le maintien de l’autonomie, les activités adaptées et la relation avec les aidants.
Ce parcours est pertinent si votre établissement accueille les personnes concernées et prévoit de mobiliser ces compétences. Demandez quelle fonction vous sera confiée après la formation : l’intérêt du certificat dépend aussi des possibilités concrètes d’exercice.
Des formations courtes pour des besoins ciblés
Douleur, soins palliatifs, handicap, prévention des chutes, urgences ou communication avec les proches constituent d’autres axes utiles. Leur durée varie selon la profondeur du programme et les mises en pratique. Le distanciel peut convenir aux apports théoriques, mais il ne remplace pas systématiquement les ateliers pratiques ou les simulations.
Le tutorat permet, lui, de mieux accueillir les élèves, d’expliciter les gestes et d’évaluer leur progression. Une fonction de référent peut prolonger cette évolution en interne. En revanche, devenir formateur en IFAS suppose de vérifier des exigences de recrutement et de qualification spécifiques : une formation au tutorat ne suffit pas à elle seule.
Préparer un autre diplôme en valorisant le DEAS
La voie infirmière : distinguer admission classique et parcours spécifique
Le DEAS n’ouvre pas automatiquement une entrée directe en deuxième année d’IFSI. L’arrêté du 3 juillet 2023 encadre un parcours spécifique pour des aides-soignants expérimentés répondant aux conditions requises. Il prévoit un module intensif de 3 mois, puis, après validation, une intégration en deuxième année, pour un parcours infirmier annoncé sur 2 ans.
Cette voie doit être distinguée de l’admission habituelle en formation professionnelle continue. Les conditions d’expérience, la sélection, l’engagement de l’employeur et l’organisation locale sont à confirmer auprès de l’IFSI. La condition de 3 ans de cotisation associée à l’accès par la formation professionnelle continue ne doit pas être confondue avec tous les critères du parcours spécifique.
Auxiliaire de puériculture et AES : demander un parcours individualisé
Pour le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP), le DEAS peut permettre un parcours partiel : les allègements présentés comprennent 3 blocs sur 5 et plus de 200 heures sur les autres enseignements. Leur application dépend notamment du diplôme détenu et du référentiel correspondant ; l’institut doit confirmer votre programme personnel.
Pour le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), des correspondances peuvent également porter sur 2 blocs sur 5, avec des allègements sur 2 autres blocs. Une VAE peut être examinée si votre expérience correspond aux compétences du diplôme visé. Dans tous les cas, demandez un positionnement écrit plutôt qu’une estimation générale de durée.
Sécuriser le financement et l’inscription avant de s’engager
Le financement dépend de votre statut et de la formation retenue. Pour un salarié, le premier interlocuteur est souvent le service RH ou formation. Un conseil en évolution professionnelle peut aussi aider à comparer les solutions sans engagement auprès d’un organisme.
- Plan de développement des compétences : à étudier avec l’employeur pour une actualisation ou une spécialisation.
- CPF : mobilisable uniquement si la formation est effectivement éligible.
- Projet de transition professionnelle : à examiner pour une reconversion des salariés du privé, sous conditions.
- Congé de formation professionnelle : dispositif à explorer dans la fonction publique, notamment avec l’ANFH pour les agents hospitaliers.
- France Travail, Région ou alternance : possibilités dépendant du statut, du diplôme et des dispositifs ouverts.
Comparez ensuite les programmes d’organismes tels que Croix-Rouge Compétence, IFSO ou Phosphoria, ainsi que ceux des instituts locaux. Demandez un devis comprenant les frais pédagogiques, les déplacements éventuels et les modalités d’annulation. Vérifiez séparément le maintien du salaire ou de l’indemnisation : la prise en charge des frais ne garantit pas celle des revenus.
Avant l’inscription, réunissez votre diplôme, vos justificatifs d’expérience, le programme détaillé et l’accord de financement. Faites préciser les évaluations, les stages, le calendrier et la reconnaissance obtenue. Une formation pertinente est celle que vous pouvez suivre jusqu’au bout et utiliser réellement dans votre prochain poste.
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